L’Opéra Garnier, l’une des plus prestigieuses salles d’opéra au monde

Qui n’est pas entré dans l’Opéra Garnier, n’a pas visité Paris !
Symbole du Second Empire et des transformations qui ont profondément marqué Paris à ce moment-là, l’Opéra Garnier est aujourd’hui un monument incontournable de la capitale. Découvrons ensemble l’histoire de ce temple dédié à l’art chorégraphique.

Situé Place de l’Opéra dans le 9e arrondissement de Paris, l’Opéra Garnier est un sublime bâtiment qui date de 1875. Il est l’œuvre de Charles Garnier, jeune architecte inconnu, qui remporte le concours international pour la construction d’une « Académie impériale de musique et de danse » voulue par Napoléon III. Un projet ambitieux qui a donné du fil à retordre à son concepteur.

Son histoire atypique

Un terrible évènement à l’origine de la construction de l’Opéra Garnier

Paris possède déjà un opéra, rue Le Peletier, dans le 9eme arrondissement. Mais un grave évènement vient perturber la vie parisienne. En janvier 1858, Napoléon III est victime d’un attentat en se rendant à l’Opéra. Il n’a rien mais plusieurs personnes meurent sous les bombes. Dès le lendemain, l’Empereur décide de faire construire un nouvel opéra. Il devra être plus proche de sa résidence des Tuileries pour pouvoir s’y rendre en toute sécurité.

Naissance du style Napoléon III

Napoléon III décide d’organiser un concours pour trouver l’architecte de sa nouvelle « Académie impériale de musique et de danse ». Il souhaite s’affranchir de Rohault de Fleury, architecte de la Ville de Paris, et d’Eugène Viollet-le-Duc, restaurateur de monuments célèbres, comme Carcassonne, Notre-Dame de Paris ou du château de Pierrefonds. Le jur reçoit 171 propositions, mais c’est à l’unanimité celle de Charles Garnier, jeune architecte alors inconnu, qui est choisie. Il propose un concept innovant dans un style architectural très particulier.

Le baron Haussmann, qui est en charge de la construction de Paris, lui attribue un terrain en losange et dissymétrique, installé dans une zone marécageuse, et voué à être entouré par de hauts bâtiments.

Les travaux débutent en 1862, après avoir passé des mois à assécher la nappe souterraine et les ruisseaux qui se trouvent sous le futur bâtiment. Ils dureront 15 ans et couteront beaucoup plus cher que prévu. Il se dit que ce nouvel Opéra est le projet le plus couteux du règne de Napoléon III après Le Louvre.

L’objectif était d’inaugurer l’opéra pour l’exposition universelle de 1867, mais à cette date, la toiture n’est pas encore terminée. C’est lors de cette exposition que l’Impératrice Eugénie interroge Charles Garnier sur le style de l’édifice, et qu’il réplique alors : “C’est du Napoléon III”. Ce qui a le don de plaire à l’empereur.

L’opéra est finalisé en 1875 et inauguré par le maréchal et président Mac-Mahon. Malheureusement, Napoléon III, décidé en exil deux ans plus tôt, ne verra jamais le bâtiment fini.
Pour la petite histoire, il se raconte que Charles Garnier n’aurait pas été invité à cette inauguration et aurait dû lui-même s’acheter son billet. Sa devise « J’aspire à beaucoup, j’attends peu » n’aura jamais été aussi vraie !

Son architecture unique

Le Grand Escalier d’honneur

Charles Garnier a souhaité que le spectacle se déroule aussi bien sur scène que dans le public. Au 19e siècle et au début du 20e, les messieurs montaient les marches dans leurs plus beaux habits au bras de leur épouse ou d’une mondaine. Et les autres spectateurs, postés sur les balcons, les regardaient monter. L’opéra Garnier était “The place to be”.

Ce qui est intéressant, c’est que c’est encore le cas aujourd’hui. Lors de ma visite, pas une personne n’a monté l’escalier ou ne s’est accoudé aux balcons sans se faire prendre en photo !

A l’époque, Charles Garnier a fait appel aux meilleurs artisans et a engagé notamment 30 peintres, un grand nombre de mosaïstes, et 73 sculpteurs pour créer les décors intérieurs et extérieurs de l’Opéra.

Le grand escalier, d’un élégance folle, est composé de 30 types de marbre, provenant de 8 pays différents, constitué entièrement de pièces uniques. Par exemple, les marches sont en marbre de Seravezza, la balustrade est en onyx, son socle est en marbre vert de Suède et les 128 balustres ont été taillées dans du marbre rouge antique. Le cuivre est aussi utilisé pour les mains-courantes.

Ce qui rend le lieu féérique, ce sont les centaines de lumières en forme de bougies qui scintillent de partout. Deux grandes statues-torchères en bronze sculptées par Albert-Ernest Carrier de Belleuse encadrent le majestueux escalier. Et au plafond, il y a quatre grandes fresques peintes par Isidore Alexandre-Auguste Pils.

Le Grand Foyer

Le grand foyer de l’Opéra Garnier, constitue la galerie de promenade des personnalités … et des mondanités. Il fait 18 mètres de hauteur, et c’est ce qui étonne le plus dans cette galerie, avec les superbes plafonds et la couleur « vieil or » du lieu.

Cette galerie fait penser aux galeries des châteaux de la Renaissance, comme la galerie des glaces de Versailles, ou celle de Fontainebleau. La fresque au plafond est l’œuvre de Paul Baudry et évoque la musique. Les deux horloges situées de part et d’autre de la galerie indiquent l’heure et aussi le jour, le mois et l’année. C’est dû au fait que d’importants contrats étaient actés dans cet endroit et que ces informations étaient importantes.

Jusqu’au 19e siècle et comme le veut la tradition, les foyers des lieux de spectacle sont réservés à l’usage exclusif des hommes. Les dames reçoivent pendant ce temps dans leur loge respective. Mais le jour de l’inauguration du palais Garnier, la reine d’Espagne, qui désire admirer la galerie du grand foyer, s’y rend quand même. Le tabou est brisé. Elle est aussitôt suivie de son entourage immédiat, puis des autres dames de la bonne société de l’époque qui veulent aussi bénéficier de ce privilège.

La bibliothèque-musée de l’Opéra Garnier à Paris

La bibliothèque de l’opéra Garnier ne compte pas moins de 600.000 documents, dont une partie seulement est présentée dans le musée. On peut aussi y observer des bijoux de scène et des maquettes de décors qui sont présentés par roulement. On y voit également quelques toiles de Degas et la maquette du plafond peint originel de la salle par Jules-Eugène Lenepveu (photo du milieu).

La grande salle

Conçue en forme de fer à cheval, cette salle de spectacle permet de voir et d’être vu. Mais ce qui attire le plus le regard est l’immense lustre et la chatoyante coupole. Sachez que le lustre en bronze et en cristal est composé de 340 lumières. Et que le plafond a été peint par Marc Chagall et inauguré en 1964. Il camoufle l’original peint par Jules Eugène Lenepveu, “Les Muses et les Heures du jour et de la nuit“, qui représente les heures éclairées par le soleil, la lune, l’aurore et le crépuscule.

Le nouveau plafond de Chagall, très controversé à l’époque, rend hommage aux grands noms de la musique. Il met en scène quatorze compositeurs de toutes les époques, évoquant, dans un déluge de couleurs déjà « surréalistes », autant l’opéra que le ballet, mais aussi les monuments emblématiques de la capitale (la Tour Eiffel, la place de la Concorde) et ses hauts lieux musicaux (l’Opéra Garnier lui-même) ou encore André Malraux en personne (qu’on devine derrière une fenêtre). 

La taille de la salle est à peu près égale à celles des théâtres de la Scala, à Milan, et de San-Carlos à Naples. La scène, d’inspiration italienne, mesure 1350m2 de superficie. Elle était la plus grande du monde au moment de sa construction. Aujourd’hui, cette salle est superbe dans ses détails, ses sculptures, ses matières, ses couleurs : dorures, velours, moulures… et surtout le rouge, qui selon Garnier, seyait le mieux au teint des femmes.


Passer un week-end aux abords de l’Opéra Garnier

L’Hôtel Intercontinental Paris le Grand et son Café de la Paix sont des incontournables de la capitale, situés tout à côté de l’Opéra. (Sachez toutefois que le Café de la Paix est en rénovation, et donc fermé, jusqu’en 2021).

D’un côté, l’hôtel, Inauguré en 1862 sous Napoléon III possède un superbe décor Second Empire. (Dans son roman, Emile Zola, utilise une chambre du 4e étage pour décor de la mort de Nana).

De l’autre, Le Café de la Paix a accueilli toute la vie artistique de Paris, de Victor Hugo à Maupassant ou Proust, et plus récemment Maurice Chevalier, Yves Montant ou Marlène Dietrich. Bref, si vous voulez vous faire plaisir pour une soirée ou pour un week-end, c’est un lieu mythique.


Je veux bien y aller … mais c’est où ?

Plus d’information sur le lieu : Opéra National de Paris ou Opéra Garnier.

🦋 A lire :  
🔸 Les plus beaux villages d'Ile-de-France
🔸 Les châteaux autour de Paris

Les coulisses de ma visite

Je suis allée visiter l’Opéra Garnier par une journée pluvieuse. Une fois passé les contrôles de sécurité, une personne me dit que la grande salle de spectacle est fermée pour cause de répétition et de revenir une autre fois. Je suis très déçue. Je décide tout de même de tenter ma chance. Et bien m’en a pris ! J’ai été tellement impressionnée par les décors, la majesté, le luxe de ce bâtiment que j’y ai passé 2heures. Alors que je me disais qu’il était temps de partir, je passe devant la grande salle et oh surprise ! une petite porte est ouverte. J’entre. La salle de spectacle s’offre à moi. Le ballet a regagné les loges et je peux admirer les lieux. Quelle chance !

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