Je vous emmène aujourd’hui dans une terre de contrastes. Un « pays » où toutes les époques se croisent avec majesté : l’héritage romain côtoie l’élégance germanique, les lignes modernes dialoguent avec les vieilles pierres. Et partout, l’histoire industrielle se mêle aux arts. C’est un territoire singulier, niché au nord-est du Doubs, que l’on traverse souvent sans soupçonner les trésors qu’il recèle.
Que faire dans le Pays de Montbéliard ? Bien plus qu’on ne l’imagine : voici mon itinéraire de 2 jours pour le découvrir autrement. Suivez-moi : on ira marcher dans les pas des spectateurs antiques à Mandeure, lever les yeux vers les vitraux de Fernand Léger, flâner dans les ruelles d’une cité princière. Le tout ponctué de bonnes tables, d’une nuit de charme, et de belles rencontres.
Prêts ? On y va.
- Jour 1 – Mandeure et Audincourt : entre empire romain et art sacré
- Jour 2 – Montbéliard et Sochaux : entre cité princière et aventure industrielle
- Les spécialités locales à découvrir dans le pays de Montbéliard
- Je veux bien y aller, mais c’est où Le Pays de Montbéliard ?
- Mes derniers articles pour voyager en France :
Jour 1 – Mandeure et Audincourt : entre empire romain et art sacré
Théâtre antique de Mandeure : la surprise d’un géant oublié
C’est un théâtre antique dont peu de voyageurs soupçonnent l’existence. Blotti dans une vallée verdoyante, le théâtre antique de Mandeure déploie sa vaste ellipse, ouverte sur le ciel. On peine à imaginer qu’ici, il y a près de deux mille ans, 18 000 spectateurs se pressaient pour assister aux spectacles de gladiateurs, de chants et de danse, mais aussi aux cérémonies religieuses.
La scène est minuscule comparée aux innombrables gradins érigés sur trois niveaux. Ils forment une conque de pierre presque intacte. On se surprend à s’attarder, à écouter le silence du lieu, à imaginer ce qui pouvait bien se jouer sur cette petite scène posée là, au creux de la nature.
Pierre Mougin, archéologue du site me raconte avec passion : « Le théâtre d’Épomanduodurum était l’un des plus grands de toute la Gaule romaine. On y venait de toute la région. Il faisait partie d’un immense sanctuaire. Ici, les fêtes religieuses et les spectacles étaient intimement liés.»
Difficile d’imaginer, aujourd’hui, que cette petite vallée fut un temps si animée. On repart avec le sentiment d’avoir frôlé un géant oublié, dont les gradins vides résonnent encore du tumulte d’un autre temps.
Le sanctuaire de Mandeure : un lieu sacré de première importance
Il faut imaginer ici une véritable cité sacrée. Ce sanctuaire était vraisemblablement consacré à un dieu guerrier à l’époque gauloise, puis au dieu Mars à l’époque impériale romaine. Il accueillait, sur près de 30 ha, des processions qui transportaient des statues entre le grand temple (situé juste en face mais dont il ne reste plus rien) et le théâtre et des rituels (sacrifice d’animaux, banquets de fidèles). Son gigantisme reflétait la puissance d’une cité rayonnante, bien au-delà de la boucle du Doubs.



Regarder l’interview de Pierre Mougin
Pause gourmande à La Tentation, Montbéliard
Après cette incroyable découverte, retour vers Montbéliard, où il est l’heure de se poser.
Sur la place du Général de Gaulle, au cœur de la ville, le restaurant La Tentation porte bien son nom. C’est une très bonne option si vous cherchez un restaurant à Montbéliard où savourer les produits du terroir.
Ici, on se régale d’une cuisine sincère et généreuse, où les produits locaux sont à l’honneur. Dans la salle lumineuse, l’ambiance est à la fois chic et décontractée — parfaite pour cette première halte gourmande du séjour.
Adresse : La Tentation, 11 place du Général de Gaulle, 25200 Montbéliard
L’église du Sacré-Cœur : lumière et modernité
Pour l’après-midi, direction Audincourt pour un choc esthétique inattendu.
L’église du Sacré-Cœur n’a rien d’une église ordinaire, et même loin de là : lignes géométriques, béton armé apparent, pierres, vitraux explosant de couleurs. Imaginée par un curé bâtisseur, Louis Prenel en 1949, l’église du Sacré-Coeur est réalisée par 120 familles de paroissiens du quartier ouvrier (charpentiers, menuisiers, tailleurs de pierre, maçons, etc.).
Les 17 verrières signées Fernand Léger transforment l’intérieur en une véritable couronne de lumière. Ils représentent la passion du Christ et la vie triomphant sur la mort. Les couleurs sont sublimes et envoutantes., les formes simples et dynamiques. Le baptistère, est lui aussi tout aussi surprenant. De forme sphérique, il resplendi de 1000 feux grâce aux vitraux en dalles de verre hyper colorés qui l’entourent. Il a été réalisé par un autre artiste, Jean Bazaine, qui souhaitait ici, célébrer l’eau et la lumière.
Le soleil joue avec les aplats de bleu, de rouge et de jaune. On pourrait rester des heures à observer cette lumière mouvante qui danse sur les murs et les sols.
L’église du Sacré-Cœur d’Audincourt, manifeste d’un art sacré renouvelé
Derrière ses lignes modernes, l’église du Sacré-Cœur cache une histoire peu banale. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, un quartier ouvrier d’Audincourt se mobilise pour construire une église à son image : simple, ouverte, tournée vers l’avenir. Le projet donne naissance à un édifice résolument moderne, conçu en béton brut, où la lumière devient matière première.
Son trésor ? 17 vitraux monumentaux signés Fernand Léger, réalisés en collaboration avec l’atelier parisien du maitre-verrier Jean Barillet.



Donation Patt, un centre d’art inattendu
Juste à quelques pas de là, un autre lieu étonnant mérite le détour : le Centre d’art Donation Patt qui abrite plus de 150 œuvres offertes par un couple de collectionneurs passionnés. Peintures, sculptures, installations : ici, on entre comme chez eux, pour un dialogue intime avec l’art contemporain.
Le lieu lui-même surprend. On le surnomme le « château Peugeot », mais c’est plutôt une grande maison bourgeoise, chaleureuse et un brin insolite. Les pièces se succèdent dans une atmosphère feutrée, presque domestique.
Chaque œuvre est plus surprenante et énigmatique que la précédente. Et nous invitent toutes à la réflexion, l’émerveillement ou la découverte. Robert Combas, Hervé Di Rosa, Salvador Dali, Lucio Fontana, tous se retrouvent installés dans les salles de cette grande maison dans un foisonnement éclectique et inspirant.
On circule sans contrainte, un peu comme chez des amis esthètes. Un bel écho à l’audace artistique que l’on vient d’admirer dans l’église.
Adresse : Donation Patt, Centre d’Art – 2 Rue du Puits, 25400 Audincourt
Une collection née d’une passion partagée
Le Centre d’art Donation Patt doit son existence à Andrée et Gérard Patt, un couple de collectionneurs animés par le désir de partage. Pendant plus de vingt ans, ils parcourent galeries et ateliers, nouant des liens étroits avec de nombreux artistes contemporains.
Le fruit de cette passion : une collection personnelle foisonnante, reflet de leurs goûts éclectiques et de leur curiosité. En 2001, ils choisissent de léguer cet ensemble remarquable à la ville d’Audincourt, afin de le rendre accessible à tous.








Dîner et nuit de charme à Montbéliard
Retour à Montbéliard pour la soirée. Je m’installe à l’Hôtel de la Balance, une adresse de charme au cœur du centre historique. Dans cet ancien bâtiment bourgeois aux poutres apparentes et aux chambres douillettes, le temps semble suspendu. Si vous cherchez un bel hôtel à Montbéliard pour un séjour au cœur de la vieille ville, cette adresse est idéale.
Adresse : The Originals Boutique, Hotel de la Balance – 40 rue de Belfort, 25200 Montbéliard

Le dîner se prolonge au restaurant Le Châtel, en plein cœur de la ville, que je rejoins à pied. Ici, la cuisine est savoureuse, le service attentionné, l’ambiance amicale. On vient ici pour bien manger. La fameuse saucisse de Montbéliard, bien sûr, mais aussi des plats plus subtils comme une côte de cochon au foin, sauce moutarde, ou un navarin d’agneau aux légumes. Bien évidemment, je n’ai pas résisté à la Pavlova aux fruits exotiques — mon péché mignon.
Adresse : Restaurant Le Châtel – 12 Rue du Collège, 25200 Montbéliard



Jour 2 – Montbéliard et Sochaux : entre cité princière et aventure industrielle
Visiter Montbéliard, c’est partir sur les traces des princes, mais aussi explorer un patrimoine industriel d’exception.
Après bonne nuit de sommeil, me voilà requinquée pour une deuxième journée aussi surprenante que la première. Et elle s’annonce encore bien remplie ! Ce matin, cap sur l’histoire des princes, avant de plonger dans un tout autre univers, celui de la grande aventure automobile française.
Le château de Wurtemberg : sur les traces des comtes de Montbéliard
Impossible de visiter la commune sans monter jusqu’au château de Montbéliard Wurtemberg. Perché sur son promontoire rocheux, il domine fièrement la ville, tel un gardien de pierre veillant sur les siècles passés.
On y accède par une jolie cour pavée. Dès les premières salles, l’atmosphère est posée : ici, huit siècles d’histoire défilent en filigrane. Ce château fut la demeure des comtes de Montbéliard, liés aux Wurtemberg dès le 15e siècle par le mariage d’Henriette, Comtesse de Montbéliard avec le jeune comte allemand Eberhard IV de Wurtemberg. Une lignée qui marqua durablement l’identité de la ville puisqu’elle appartiendra aux Wurtemberg jusqu’en 1793, et deviendra même une principauté.
Les 15 salles du musée dévoilent tour à tour : mobilier d’époque, portraits de famille, collections archéologiques. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la nouvelle muséographie qui intègre de nombreuses vidéos. Des portraits intimistes qui nous plongent dans les grands moments de la vie des personnages.
On découvre aussi les liens étroits entre Montbéliard et la Réforme protestante, qui façonna en partie l’architecture et la culture de la cité.
Et pour finir, cerise sur le gâteau : la vue depuis les remparts.
Là-haut, le regard embrasse les toits rouges de Montbéliard et les collines environnantes — un panorama superbe qui ponctue la visite.
Le château de Montbéliard Wurtemberg : une forteresse à l’influence allemande
Le château de Montbéliard porte en lui une histoire singulière.
En 1407, le comté passe aux mains de la maison de Wurtemberg par mariage.
Dès lors, l’influence germanique s’impose durablement dans l’architecture comme dans la culture locale. Ce lien transfrontalier se retrouve aujourd’hui dans le style même du château : tours rondes à toits pointus, cour pavée sobre, inspiration Renaissance allemande. Longtemps, la forteresse fut aussi le symbole du pouvoir protestant, dans une région fortement marquée par la Réforme.







Pause conviviale chez Cass’Graine
Pour le déjeuner, direction Cass’Graine, une adresse pleine de charme.
Dans cette petite salle, le service est chaleureux et l’ambiance détendue. On s’y sent comme dans un cocon. Au menu : une cuisine maison et généreuse. Je me suis régalée.
Adresse : Restaurant Chez Cass-Graine – 4 Rue du Général Leclerc, 25200 Montbéliard




Visite du cœur historique de Montbéliard, la cité des Princes
L’après-midi commence par une balade guidée dans le centre historique. C’est un vrai plaisir de déambuler dans ces rues aux façades colorées, entre maisons à encorbellements et hôtels particuliers.
Parmi les lieux les plus emblématiques de la ville, et hormis le château, on peut découvrir l’immense halle qui aura nécessité près d’un siècle de travaux, le logis des gentilhommes, qui dénote par son architecture et sui servait à loger les courtisans, mais aussi le temple Saint-Martin, le plus ancien édifice francais connstruit pour le culte de la Réforme (1601).
Chaque coin de rue raconte un pan de l’histoire de cette ancienne cité princière.
On lève les yeux sur les toitures à l’allemande, les enseignes de fer forgé, les fenêtres à meneaux.
Au fil des anecdotes distillées par Anais, ma guide, je découvre la richesse historique et patrimoniale de cette ville.
Montbéliard, une ville façonnée par la Réforme
On le sait peu mais Montbéliard fut l’une des premières villes à adopter le protestantisme, dès le début du 16e siècle. Protégée par ses comtes alliés aux princes luthériens, la cité conserve aujourd’hui encore cette empreinte.
Cela se perçoit dans l’austérité élégante de certaines façades, dans l’absence de grandes églises ornées, et dans le soin porté à l’éducation et à la culture — valeurs héritées de cette tradition protestante. Un héritage discret mais bien présent, qui confère à Montbéliard une personnalité singulière.




Le musée de l’Aventure Peugeot : une épopée industrielle du Pays de Montbéliard
Pour conclure ce séjour, cap sur Sochaux, à quelques minutes de Montbéliard, pour visiter le musée de l’aventure Peugeot, haut lieu de l’histoire automobile française.
Dès l’entrée, le ton est donné : on entre dans la grande saga d’une marque devenue légende. De la petite entreprise familiale de Valentigney à l’un des géants de l’automobile, l’histoire de Peugeot est racontée à travers près de 200 véhicules.
On croise les premières bicyclettes, les élégantes voitures des années folles, les bolides de course, mais aussi les objets du quotidien : moulins à café, outils, postes de radio… Une collection foisonnante, mise en scène avec soin, qui m’a vraiment passionnée. Un musée où l’on se laisse facilement happer par les récits de l’industrie française.
Je m’étais dit que j’y passerais 45 minutes, j’y suis restée 2 heures. La collection est fabuleuse et les voitures rutilantes.
Adresse : Musée de l’Aventure Peugeot – Carrefour de l’Europe, 25600 Sochaux
L’Aventure Peugeot : du moulin à café à la voiture de légende
Avant de devenir un géant de l’automobile, Peugeot fut d’abord une entreprise familiale spécialisée… dans les moulins à café ! Au début du 19e siècle, les frères Peugeot produisent outils, lames de scie, ressorts, puis les célèbres moulins en fonte qui feront leur réputation.
Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle que la marque se lance dans l’automobile, devenant rapidement un acteur majeur de l’industrie française. Aujourd’hui, au musée de Sochaux, cette épopée industrielle se raconte en images, en objets et en voitures mythiques.
Et non, le musée de l’aventure Peugeot n’est pas réservée qu’aux amateurs de voitures, tout le monde y trouve son compte grâce aux nombreux objets présentés. J’y ai même retrouvé des objets que mes parents et mes grands-parents possédaient quand j’étais petite.







Les spécialités locales à découvrir dans le pays de Montbéliard
La saucisse de Montbéliard
Elle nous vient de loin ! Au 1er siècle avant JC, une tribu gauloise avait créé une technique de salaison pour conserver la viande. Au 16e siècle, la saucisse locale prend le nom de andouille ou andoille. Elle est réalisée a base de gras et de maigre de porc puis assaisonnée à l’ail et au carvi, une plante locale. Elle est ensuite séchée avec des résineux. Le plat traditionnel se compose de saucisses de Montbéliard, de pommes de terres et de salade, le tout nappé de cancoillotte. Vous y avez déjà gouté?

La vache Montbéliarde
Elle est connue pour sa tête blanche et sa robe blanche et marron. Son lait sert notamment dans la confection de fromages comme le comté, le morbier, le bleu de Gex ou encore le Mont d’Or. C’est d’ailleurs la principale race utilisée par les AOC fromagères françaises.

Alors, conclusion de ce séjour dans le Pays de Montbéliard ?
Deux jours à peine, et j’ai eu l’impression d’avoir parcouru des siècles d’histoire.
Le Pays de Montbéliard se révèle bien plus riche et surprenant que ce que j’imaginais : entre vestiges antiques, audaces artistiques, héritage princier et épopée industrielle. Sans oublier, bien sûr, les plaisirs de la table et l’accueil chaleureux de ses habitants.
Un séjour à savourer… et à renouveler.
Je veux bien y aller, mais c’est où Le Pays de Montbéliard ?
Informations complémentaires sur le Pays de Montbéliard
Pour vous aider a préparer votre séjour, vous pouvez aller consulter le site de Pays de Montbéliard Tourisme. Vous y trouverez plein d’autres inspirations de visites.
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