Visite de la Maison Caillebotte, le havre de paix du peintre impressionniste

C’est à Yerres, en Essonne, que Gustave Caillebotte a vécu pendant presque 20 ans. C’est aussi dans cette superbe propriété qu’il a peint près de 80 tableaux. Cette semaine, je vous emmène découvrir sa maison familiale et son vaste domaine. Un endroit inspirant qui nous replonge dans l’univers de cette famille aisée du 19e siècle. 

Depuis sa réouverture en 2017, la Maison Caillebotte est devenue une étape incontournable du parcours impressionniste en Ile-de-France. Ce domaine, que la famille a acheté en 1860, était le havre de paix du peintre. Il s’y adonnait à ses différentes passions, dont la peinture. Aujourd’hui classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, la propriété est également labellisée « Maison des Illustres » par le Ministère de la Culture.

Quel bonheur de visiter ce domaine ! Tout y est luxe, calme, et volupté…. comme l’avait écrit Baudelaire. Mais surtout inspirant. Le Parc, ouvert au public, est un vaste domaine de 11 hectares, dans lequel serpente un bras de l’Yerres. Les gens y viennent pour se détendre, pique-niquer ou s’extraire de la ville ; comme le faisait le peintre à l’époque.

On peut facilement imaginer le peintre posant son chevalet ici ou là, et croquant les fabriques, le parc, le potager ou les petites barques dont il disposait. Et quant à la très belle maison de style néo-palladien, c’est une construction totalement atypique dans le paysage environnant. Avec ses hautes colonnades et ses fresques sculptées, ce décor antique interpelle. On est bien loin du style de la petite maison que le peintre a acheté plus tard au Petit-Gennevilliers.

Mais entrons dans la vie de Gustave Caillebotte avant d’entrer dans sa maison.

Gustave Caillebotte, un peintre impressionniste aux multiples facettes

Gustave Caillebotte (1848-1894) est un peintre, un collectionneur et un mécène d’artistes. Il affectionne tout particulièrement ses amis impressionnistes Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, Cézanne ou Degas, dont il achète régulièrement des toiles. Issu d’une famille riche, il ne se consacre qu’à ses passions. Et il en a plein.

Peintre et Mécène

D’abord la peinture qu’il découvre enfant et qui le conduit à faire l’école des Beaux-Arts. A Yerres, il affine sa peinture. D’obscure, elle devient claire et lumineuse. Il trouve dans cette maison une source d’inspiration inépuisable : des amis de passage qu’il aime peindre dans leurs activités, la nature, et surtout son potager dont il immortalise les cloches en verre. Au cours de sa vie, Gustave Caillebotte a peint près de 500 tableaux.

En plus d’être peintre, Gustave Caillebotte est aussi mécène. C’est en 1874 que Caillebotte entre en contact avec les peintres dits « impressionnistes ». Il se reconnait dans cette peinture (sans toutefois en adopter tous les codes) et soutien ce courant naissant. Il entretien plusieurs artistes en achetant leurs tableaux. Son tableau le plus connu est sans conteste « Les raboteurs de parquet » (1875) qui représente une scène de travail quotidienne. Ce tableau est toutefois considéré comme trop banal à l’époque et n’est pas exposé.

Jardinier

Mais Gustave Caillebotte est aussi un passionné d’horticulture. C’est surtout dans sa maison de Petit-Gennevilliers, achetée en 1879, qu’il s’adonne à cette passion. Il y cultive des fleurs, des arbustes, des plantes exotiques et aime les peindre. Déjà à Yerres, il aimait cultiver et peindre son potager. Il partage avec son ami Claude Monet, installé à Giverny, cette passion pour les jardins. Ils aiment à se retrouver chez l’un ou chez l’autre pour s’échanger des bulbes, des plantes et des conseils.

Collectionneur

Avec son frère Martial, Gustave Caillebotte collectionne les timbres. Ils possèdent une très belle collection, et sont reconnus comme experts dans ce domaine. Ils écrivent dans les revues thématiques de l’époque. Leur collection de timbres est exposée au British Museum de Londres.

Architecte naval et marin

Enfin, il devient également architecte naval et participe même à des régates. Et il est doué car il remporte de nombreuses courses. C’est sans doute cette dernière passion qui le pousse à déménager au Petit-Gennevilliers ; il y avait son club de voile.

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La Maison Caillebotte, une propriété bourgeoise atypique

Cette très belle propriété permet de découvrir l’histoire de la famille Caillebotte et de se projeter dans leur vie.

Une maison qui a eu plusieurs vies

Tout d’abord, elle est construite sur un emplacement de choix : celui des seigneurs de Yerres au 16e siècle.

Son premier propriétaire connu n’est autre que Pierre-Frédéric Borrel, un grand cuisinier qui officiait au restaurant « Au Rocher de Cancale » à Paris. C’est lui qui l’a transformée et décorée entre 1824 et 1843. Après avoir fait faillite, il la cède à Madame Biennais, veuve du célèbre ébéniste de l’empereur Napoléon Ier. Puis, la famille Caillebotte rachète la maison en 1860. Ils y resteront jusqu’au décès de la mère en 1879, sans y faire aucune modification.

En pénétrant dans la maison, vous découvrez la cuisine (transformée aujourd’hui en boutique), la salle à manger, le salon de couture, la bibliothèque, la salle de billard et les chambres. Mais vous pénétrez également dans l’atelier de Gustave Caillebotte situé sous les combles. C’est ici que l’artiste peignait ses tableaux, souvent sur la base des croquis réalisés en situation.

L’intérieur de la maison est meublé comme elle aurait pu l’être au 19e siècle. La majorité du mobilier a été prêté par le Mobilier national. Certains meubles sont d’origine comme ceux de la chambre principale qui ont été racheté lors d’une vente. Le style empire est bien présent avec notamment un tableau de Napoléon accroché au mur.

Un parc à l’anglaise

Dans le parc, qui est ouvert au public, vous trouvez toutes sortes de fabriques. Ces constructions qui agrémentaient les jardins bourgeois au siècle dernier.

Les plus grands bâtiments sont l’Orangerie et la Ferme ornée, qui a été transformée en restaurant gastronomique. Mais vous pouvez également déambuler entre une chapelle, un kiosque, une cabane ou une volière. Vous pouvez même entrer dans la glacière qui se trouve sous le kiosque, c’est ici que la famille conservait en été les légumes produits dans le potager. C’est assez impressionnant.

Le week-end, vous pouvez également visiter le potager, celui que la famille Caillebotte affectionnait tant, Vous y trouvez encore la culture des salades sous cloche. Il est entretenu par une association de bénévoles qui s’occupent des 1700 m2 de terres. L’été, vous pouvez même prendre des petites barques pour aller naviguer sur l’Yerres, comme le faisait l’artiste.

Le parcours des impressionnistes en Ile-de-France

La Maison Caillebotte, appelée « Casin », est devenu un lieu incontournable du parcours des impressionnistes autour de Paris. Ce parcours démarre dans le sud de Paris, à Barbizon et Yerres, puis vous emmène à Paris et sur les bords de Seine pour aller ensuite vers Auvers sur Oise et la Vallée de l’Oise. Non loin de là, un passage à Giverny ou à Vétheuil vous fait découvrir la propriété et source d’inspiration de Claude Monet.

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