L’Abbaye de Fontaine-Guérard, un lieu ultra romantique au bord de l’Andelle

Installée dans le cadre enchanteur de la vallée de l’Andelle, l’abbaye cistercienne de Fontaine-Guérard a abrité pendant des siècles une communauté de femmes consacrée à la prière et à la méditation. Un site préservé, une source guérisseuse, une légende qui a traversé le temps ; voici en quelques mots ce qui vous attend dans le cadre ultra-romantique de Fontaine-Guérard.

Bien cachée au bout d’une petite route, sur les bords de l’Andelle, l’abbaye se dévoile toute en finesse. Ses bâtiments ont le charme du style gothique anglo-normand avec des voûtes en croisée d’ogives. Le grand parc, dans lequel sont installés des bancs, abrite des jardins monastiques. Les murs des bâtiments, construits en pierres blanches, reflètent les rayons du soleil. Jusqu’aux 2 arbres entrelacés qui évoquent la légende des deux amants. Ici, vous absorbez une dose de romantisme à l’état brut.

Et pourtant, difficile d’imaginer que dans ce cadre enchanteur, des centaines de moniales ont dédié leur vie à Dieu en suivant des règles très strictes. Affiliées à l’ordre de Cîteaux, elles appliquaient les règles de la stricte observance : prière liturgique, contemplation et travail.

La vie des moniales cisterciennes

La vie des moniales cisterciennes était très rigoureuse. Mais cet ordre a suscité de nombreuses vocations au 12e siècle jusqu’à compter 343 monastères dans toute la France. Cet ordre religieux prônait un retour aux sources de la vraie foi sans dorure ni ostentation.

Les règles sont les suivantes : retour à la simplicité dans la vie quotidienne, dans le culte et dans l’art, rupture avec le monde, pauvreté, silence, travail manuel. 
Les abbayes abritaient non seulement des moniales qui consacraient leur vie à Dieu mais aussi des converses qui effectuaient les travaux.
C’est ce style de vie que vous découvrez en pénétrant dans les différents bâtiments de l’abbaye de Fontaine-Guérard.

A voir dans l’abbaye de Fontaine-Guérard

L’église et son chœur vouté

Il n’en reste que les hauts murs. Elle était toute simple, sans transept, ni collatéraux. Sur le mur de droite, on peut encore voir les 3 portes d’entrée séparées des moniales, des converses et celle de sortie pour les morts et qui menait directement dans le cimetière. Près du chœur de l’église, dans une petite chapelle, se trouve un gisant du 13e siècle. L’histoire dit que c’est Marie de Ferrière, tuée dans l’abbaye par son mari violent.

Le dortoir des moniales

De petits escaliers pentus mènent dans le grand dortoir qui se situe à l’étage. Cette vaste pièce rectangulaire est éclairée par de nombreuses petites fenêtres qui correspondaient aux cellules dans lesquelles dormaient les moniales. L’étage, comme presque toutes les salles de l’abbaye, n’était pas chauffé. Cette salle possède une très belle charpente en coque de bateau renversée.

La salle capitulaire

C’est une des plus belles salles monastiques encore conservées. Elle possède de fines colonnettes qui offrent un abri à la méditation, à la lecture et aux consultations sur la vie spirituelle et matérielle du monastère. Au plafond, les clés de voute sont formées de feuillages sculptés.

La salle de travail

Elle était le domaine des enlumineurs, des relieurs, des copistes et des calligraphes jusqu’à l’invention de l’imprimerie au 15e siècle. Mais c’est également là que les moniales faisaient leurs travaux de couture et de broderie.

La chapelle Saint Michel

Elle ne se visite pas puisque c’est ici que le propriétaire des lieux habite. Elle a été construite au 15e siècle par l’époux de Marie de Ferrières, en expiation du meurtre de sa femme…. Autre époque, autre mœurs …

Les jardins monastiques

L’esprit cistercien se retrouve jusque dans les jardins. L’abbaye en compte 3 : le jardin du Savoir, celui du Travail et celui de la Méditation. Au centre des jardins, on découvre des sculptures évoquant les femmes qui ont vécu ici.

  • Le jardin du Savoir comporte des carrés de plantes médicinales implantées entre des carrés de pierres, comme un damier.  
  • Le jardin du Travail présente 4 carrés thématiques : l’eau, l’air, la terre et le feu.
  • Le jardin de la méditation reflète l’harmonie de la création et préfigure le paradis.

La source qui guérit

A l’entrée de l’abbaye, vous passez à côté d’une petite source. Cette source aurait des vertus dermatologiques et serait à l’origine de la constriction et du nom de l’abbaye « La Fontaine qui guérit ».

La légende du pin et du marronnier

Il était une fois, un pin et un marronnier qui s’aimaient d’amour tendre. Leurs branches s’enlacent en mémoire d’un amour passionné et d’une légende, celle des deux amants, que je vous raconte juste après.

La légende des deux-amants

Au 12e siècle, vivait une jeune fille nommée Mathilde. Son père, le baron de Cantelou, lui ordonna d’épouser un chevalier qu’il avait rencontré lors d’une de ses croisades et qui lui avait sauvé la vie. Elle refusa et son père pour la punir, la cloitra dans l’abbaye de Fontaine-Guérard. Quelques temps plus tard, le baron fut blessé lors d’une chasse à courre et un jeune homme lui sauva la vie, Raoul.

Raoul était amoureux de Mathilde depuis des années et osa enfin demander sa main à son père. Ce dernier lui accorda à la condition qu’il puisse porter Mathilde en courant jusqu’en haut d’un pic escarpé. Il n’y arriva pas et mourut d’épuisement en arrivant au sommet. Mathilde, de désespoir, se jeta dans le vide.

Les nonnes de Fontaine-Guérard réclamèrent les corps des deux victimes, et les mirent dans un même tombeau, près du chœur de leur église. Pour symboliser cet amour impossible, un pin et un marronnier ont entrelacés leurs branches à jamais.

Le pic escarpé existe bel et bien. Il se situe à Romilly-sur-Andelle, au confluent de la Seine et de l’Andelle ….. et s’appelle la «  Côte des deux-amants ». A visiter car la vue y est superbe !

L’histoire de l’abbaye de Fontaine-Guérard

D’abord simple prieuré de bénédictines, Fontaine-Guérard s’agrandit en 1190 suite à une importante donation. L’église et les bâtiments monastiques sont construits. En 1207, le monastère est rattaché à l’ordre de Cîteaux et devient abbaye en 1253.

Tout va bien pour l’abbaye jusqu’au 16e siècle. Car c’est à partir de ce moment-là que la situation financière et spirituelle de l’abbaye se dégrade. Un peu plus tard, en 1756, un vaste incendie ravage les bâtiments.

A la révolution, les congrégations sont supprimées, les domaines et les bâtiments des abbayes sont vendus et les moniales sont dispersées. Comme nombre de bâtiments religieux, les dépendances et le manoir abbatial sont détruit. L’abbaye entame alors son calvaire. Les matériaux sont utilisés pour la construction d’une filature voisine et l’abbaye sert de carrière de pierre pour la construction d’autres bâtiments industriels.

Ce n’est que très récemment que le site a été racheté par son propriétaire actuel qui compte bien redonner ses lettres de noblesse à cette ancienne abbaye. Il y organise des expositions, des conférences ou encore des concerts de gospels. Et pour ceux qui cherchent un lieu pour célébrer une union, les nombreuses salles et l’église peuvent être des décors remarquables.

La légende des Deux-Amants (poème)

Dans ce cadre magique où se plait le silence
Deux êtres enlacés fondus vers l’infini
Ont marié leurs corps, malgré leur différence
Imprégnés de légende et d’un amour béni.

Sous la divine étreinte, en extase ils frissonnent,
Et de leurs bras puissants, ils capturent l’azur
Qui les mène alanguis dans l’espace où résonnent
Tous les chants de l’église à l’accent noble et sur.

Serrés bien tendrement sous le regard des anges,
Ils gagnent leur Éden, les oiseaux pour alliés.
Entendez-vous le vent témoin de leurs échanges ?
Il nous transmet leurs cris, de passion, amplifiés.

Tels Mathilde et Raoul sur la haute colline,
Ici, pin, marronnier, ondulent accolés
A l’affut du plaisir près du ciel qui s’incline
Offrant les voluptés aux êtres esseulés

Si l’histoire des amants s’aiguise et se répète,
C’est que niant leur âge, ils vivent en couleurs,
Ils bravent le destin à deux sous la tempête,
Et sereins dans le parc font neiger mille fleurs !

Passer un week-end sympa sur place

Si vous souhaitez dormir à proximité, vous pouvez réserver dans le très chic hôtel-restaurant La Licorne situé à Lyons-la-Forêt, ou dans la chambre d’ hôtes Couettes et Confitures , ou celle de l’Epicerie du Pape, toutes deux situées dans les environs.

Je veux bien y aller … mais c’est où Lyons-la-Forêt ?

Pour plus d’informations, visitez le site de l’abbaye, de l’office du tourisme de Lyons-Andelle, ou celui de l’office du tourisme de l’Eure.

🦋 A visiter à proximité :
🔸 Balade au coeur des légendes de l'Abbaye de Mortermer
🔸 Château-Gaillard, l'héritage anglais de Richard Coeur de Lion
🔸 Balade à Gisors, la capitale oubliée du Vexin Normand
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