Le Château de Chantilly, héritage immuable du Duc d’Aumale

Le château de Chantilly est un endroit qui est resté inchangé depuis le décès de son dernier propriétaire, Henri d’Orléans, duc d’Aumale et fils du dernier roi des Français, en 1897. Considéré comme le plus grand collectionneur de tous les temps, le duc a fait du Château de Chantilly un véritable écrin. Il l’avait conçu pour conserver ses innombrables chefs-d’œuvre et manuscrits originaux, acquit tout au long de sa vie. Je vous propose de le découvrir en image.

Le Château de Chantilly est vraiment destiné aux amateurs de peintures et de livres anciens. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il abrite la seconde plus importante collection de peintures anciennes après le Louvre. Et la seconde plus importante collection de livres en France après la Bibliothèque Nationale de France (BNF). C’est peu dire ! 

Aujourd’hui propriété de l’Institut de France, les collections ne peuvent pas être déplacées. C’est une volonté testamentaire de son ancien propriétaire. Le château accueille cependant des collections temporaires dans les appartements.

Vous hésitez à y aller ? Voici 5 raisons de visiter le « Musée Condé ». 

La collection de Peintures Anciennes

La visite débute par le cœur du château : les salles qui abritent l’énorme collection d’œuvres d’art du Duc d’Aumale. Le mot exact pourrait même être « foisonnante » car il y en a partout ! Les murs sont recouverts de tableaux du sol au plafond, sans ordre chronologique précis. Le Duc d’Aumale aimait les contempler ainsi. 

Cette collection comprend plusieurs centaines de tableaux et des milliers de dessins. Parmi les œuvres les plus connues, vous trouvez « Les Trois Grâces », « La Madone de la maison d’Orléans » et « La Vierge de Lorette » de Raphaël. Ils y côtoient le « Portrait de Simonetta Vespucci » de Piero di Cosimo ou encore le « Portrait de François Ier » par Jean Clouet.

La Galerie de Peinture

Dans cette impressionnante salle, vous découvrez près de 85 peintures comme « Le Massacre des Innocents » de Nicolas Poussin ou encore « Le Portrait du Cardinal de Richelieu » par Philippe de Champaigne. Au fond de la galerie, vous pénétrez sous une belle rotonde. Ici, se trouvent la « Simonetta Vespucci » de Piero di Cosimo (1480), considérée à l’époque comme la plus belle femme au monde, et un authentique Raphael, “La vierge de Lorette ». Levez les yeux, la coupole de la rotonde est également exceptionnelle. 

Le Santuario

Dans cette salle, vous découvrez deux autres œuvres de Raphaël : « Les Trois Grâces » et « La Madone de la maison d’Orléans ». La troisième œuvre de Raphael, exposée dans la Galerie de Peinture, n’a été authentifiée que bien des années après le décès du Duc. C’est pour cela qu’elle n’est pas au même endroit que les deux autres. Et comme il n’est pas possible de déplacer les tableaux….

La Tribune

Le duc d’Aumale a conçu cette salle comme un panorama de l’histoire de la peinture : deux murs sont consacrés à la Renaissance avec Fra Angelico, Botticelli, Titien. Un mur est dédié aux 17e et 18e siècles français et flamands avec Poussin, Van Dyck, Watteau. Deux autres murs présentent des œuvres du 19e siècle français, avec d’un côté le courant néoclassique (Ingres), et de l’autre le romantisme (Delacroix). Cette salle comprend également un autoportrait d’Ingres. 

Le Cabinet des Clouets

Le cabinet des Clouet regroupe une collection de 90 portraits de la Renaissance. Tous les rois et reines de France du 16e siècle sont représentés, peints par Jean Clouet et son fils, François. Une impressionnante galerie de personnages qui vous regarde sur plusieurs étages, vêtus de leurs plus beaux atours.

La Galerie de Psyché

La Galerie de Psyché comporte 44 vitraux en grisaille qui relatent l’histoire de Psyché, tirée de L’Ane d’Or d’Apulée. Les 44 vitraux proviennent du château d’Ecouen aujourd’hui musée national de la Renaissance. Ils avaient été commandés par le Connétable Anne de Montmorency entre 1542 et 1544. 

L’histoire se lit de panneau en panneau, à l’horizontale. La dernière image se trouve sur le plafond de la coupole de la Galerie de Peinture.

Psyché était la plus belle des mortelles. Jalouse de sa beauté, Vénus ordonne à Cupidon de la faire tomber amoureuse de l’homme le plus laid qu’il trouverait. Alors qu’il exécute la requête, Cupidon se blesse accidentellement avec l’une de ses flèches. Désormais épris de Psyché, il l’a fait enlever et mener à son palais.

Comme il veut garder son identité secrète, Cupidon ne rend visite à Psyché qu’une fois la nuit tombée et lui fait promettre de ne jamais chercher à voir son visage.

Une nuit, Psychée profite du sommeil de Cupidon  pour allumer une lampe et éclairer son visage. Mais une goutte d’huile brulante tombe sur l’épaule de Cupidon, qui, démasqué, s’enfuit.  

Désespérée, Psyché demande de l’aide à Vénus qui lui fait passer plusieurs épreuves. Elle les réussi toutes mais tombe dans un piège lors de la dernière. Cupidon, toujours amoureux, revient la sauver. Les dieux de l’Olympe décident de la rendre immortelle. Psyché et Cupidon auront une fille : Volupté.

La Galerie des Cerfs

Cette vaste pièce était la salle à manger de réception. C’est là que le duc d’Aumale accueillait le dimanche toute l’élite artistique et intellectuelle de son temps. Sur les murs, des têtes de cerfs trônent fièrement. Elles rappellent la passion du Duc pour la chasse. Les grandes tapisseries, quant à elles, ont été tissées au 17e siècle à la Manufacture Royale des Gobelins, d’après « Les Chasses de Maximilien ».

Le Cabinet des Livres

Le prince lui-même racontait : « Je pense que je suis atteint de bibliomanie ! ». Cette bibliothèque est très impressionnante car elle abrite une collection de plus de 60 000 ouvrages dont « Les Très riches Heures du Duc de Berry ». C’est un livre d’heures du 15e siècle, considéré comme l’un des plus beaux manuscrits enluminés au monde. Celui que vous voyez n’est qu’une reproduction, l’original étant bien conservé à l’abri de la lumière. 

Sur les 60 000 volumes que compte la collection de Chantilly, près de 19 000 volumes sont présentés dans le cabinet des livres, dont 1 500 manuscrits et 17 500 imprimés. Ils traitent de l’ensemble des sujets de la connaissance universelle.

La bibliothèque est accessible, sur demande, aux étudiants réalisant leurs thèses.

Les Grands Appartements

Situés au 1er étage du petit château, les appartements comprennent deux salles décorées au 19e siècle (l’antichambre et la salle des gardes). Elles ont été élevées sur l’ancien bras d’eau qui séparait le Petit Château du Grand Château.  On y visite ainsi les appartements des princes de Condé. Ils comprennent la chambre de Monsieur le Duc, le cabinet d’angle, le boudoir décoré d’une grande « singerie » de Christophe Huet, la Galerie des Actions de Monsieur le Prince et le salon de Musique. 


Un peu d’Histoire

Avant d’être le château que l’on connaît, Chantilly était une forteresse qui servait à contrôler la route menant de Paris à Senlis. Quand il en hérite au 16e siècle, Anne de Montmorency, connétable de François Ier, entreprend des travaux pour transformer la forteresse en un château de la Renaissance. Il fait également aménager la terrasse, à l’entrée du château, sur laquelle est posée sa statue équestre.
Au siècle suivant, les Bourbon-Condé embellissent le château et font appel à André le Nôtre, le grand jardinier qui a réalisé les parterres à la française de Versailles et de Vaux-le-Vicomte, pour en dessiner les jardins. 

Le château devient alors un haut lieu de réjouissance. Louis II de Bourbon-Condé, dit le Grand Condé, y organise de grandes réceptions. Il y reçoit des écrivains comme La Fontaine, La Bruyère, Bossuet, Madame de La Fayette, ou encore Madame de Sévigné. 

Au 17e siècle, Louis-Henri, prince de Bourbon-Condé, fait élever les Grandes Ecuries, qui abritent aujourd’hui le Musée du Cheval. 

Le Domaine de Chantilly avant la Révolution

En parti démoli pendant la Révolution et vidé de son mobilier, le château est reconstruit, entre 1875 et 1885, par son nouveau propriétaire, le duc d’Aumale. Il fait appel à l’architecte Honoré Daumet. Son rêve : pouvoir exposer toutes les oeuvres qu’il a acquit tout au long de sa vie.
En 1886, sans descendance et se voyant vieillir, il lègue le Domaine de Chantilly et toutes ses précieuses collections à l’Institut de France. Il émet alors plusieurs conditions: que le musée Condé soit ouvert au public, que sa présentation ne puisse pas être changée, et que les collections ne puissent être prêtées.

Passer un week-end à Chantilly

Si vous avez envie de passer un week-end d’exception à Chantilly, je vous conseille de descendre à « l’Auberge du Jeu de Paume », située juste à côté du château de Chantilly. Le comble du luxe et du raffinement ! L’hôtel du 18e siècle, possède également un restaurant étoilé qui vous ravira les papilles. 
Une autre option est de réserver une chambre dans le boutique-hôtel « Le Chantilly » situé en centre-ville. Cet ancien relais de poste de 1722 allie l’ancien et le contemporain. 

En termes de restaurants, je vous recommande le « Vertugadin », situé lui aussi à côté du château. Et bien sûr, vous ne pouvez pas passer à Chantilly sans gouter la fameuse crème Chantilly réalisée dans les règles de l’art. Pour cela, une seule adresse : « L’Atelier de la Chantilly ». C’est une boutique/salon de thé située elle aussi à côté du château. Vous pouvez soit la déguster sur place, soit la réaliser vous-même en prenant un cours avec l’un des fondateurs de la Confrérie des Chevaliers Fouetteurs de crème Chantilly. 
Ces 2 adresses sont situées rue du Connetable, à Chantilly. 

Je veux bien y aller … mais c’est où ?

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Plus d’informations

Pour plus d’informations sur les activités à faire à Chantilly, voici le lien vers l’Office du Tourisme de Chantilly et celui vers l’Office de Tourisme de l’Oise.

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