Châtaigneraie Cantalienne – visite de 3 “Petites Cités de Caractère”

Je vous emmène dans un département que beaucoup d’entre vous connaissent certainement déjà, celui du Cantal. Et devinez ce que nous allons faire :  visiter de beaux villages en mode « slow-life » ! Je vous en propose trois ; 3 villages labellisés « Petites Cités de Caractère » nichés dans une région naturelle nommée la Châtaigneraie Cantalienne. Allez venez, c’est parti pour quelques jours dans le Cantal !

Cette semaine, je vous emmène donc dans l’un des pays d’Auvergne. Et plus précisément dans une toute petite région située au Sud-Ouest du Cantal, à la limite du Lot et de l’Aveyron. Il s’agit de la Châtaigneraie, appelée aussi Châtaigneraie Cantalienne.

Ici, peu de trace de volcanisme – à la différence des autres pays d’Auvergne – mais plutôt une succession de monts aux sommets arrondis et boisés entrecoupés de cours d’eau. Dans ce petit pays qui se sillonne en mode « slow-life », on est accueilli comme il se doit : avec un morceau de Cantal AOP, un petit verre de Birlou (liqueur pomme-châtaigne) et quelques bonnes charcuteries.

Mais surtout, on prend le temps de vivre. Et de se balader à travers de beaux villages dont certains sont labellisés « Petites Cités de Caractère ». Aujourd’hui, je vous emmène en visiter trois : Le romantique Marcolès, le pétillant Laroquebrou et l’énigmatique Montsalvy.

Mais au fait, d’où vient le nom de « Châtaigneraie Cantalienne » ?

Un produit emblématique : la Châtaigne

Ici, on cultive la châtaigne depuis des millénaires. Autant dire que c’est une institution. Et pourtant, ce fruit à coque n’a pas toujours été reconnu comme il se doit. Car après avoir servi à nourrir des générations de famille de paysans et leurs animaux (notamment les cochons), ce « pain du pauvre » a été quelque peu oublié.

Exode rural, maladies (le chancre et l’encre), agriculture intensive et élevage bovin ont eu raison de la nécessité de cultiver cet arbre. Et les quelques sécadou (séchoirs à châtaignes) qui restent ne fument plus en automne.

Mais aujourd’hui, grâce à la passion de quelques castanhaires (producteurs de châtaigne en occitan), la Châtaigneraie Cantalienne compte une vingtaine de variété locales, comme la Jan Fau, la Savoia (Savoie), ou la Paqueta (Paquette). L’avantage de ce fruit d’automne, c’est qu’il se consomme facilement sous différentes formes : grillés, bouilles, séchés, en confiture, en boisson, en farine, en pâtes, en pain, etc… Avec l’attrait pour le « sans gluten », la châtaigne à tout bon.

Peut-être avez-vous déjà entendu parler du Tonton, du Birlou ou du Volcan ? Ce sont des alcools de châtaignes mélangés avec d’autres fruits ou plantes. Une spécialité dont vous pouvez découvrir toute l’histoire et gouter à toutes ses déclinaisons à la « Maison de la Châtaigne » à Mourjou. Un lieu unique qui présente la culture traditionnelle de la Châtaigne, et qui veille notamment à ce que ce fruit du terroir ne disparaisse pas, de la région comme des mémoires.

Savez-vous qu’il n’existe en France que trois territoires qui portent le nom de Châtaigneraie ? Le premier se trouve en Corse, autour de Corte, la célèbre Castagniccia, le deuxième en Vendée, et le troisième dans le Cantal.
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Marcolès, un village coup de cœur

Marcolès est LE village romantique de la Châtaigneraie Cantalienne. Un village de 600 habitants dont les maisons en granit et toits de lauze, schiste ou tuile romane sont recouvertes de roses. Ici, on peut facilement oublier le temps qui passe.

Passez sous les anciennes portes d’accès du village fortifié pour découvrir les carrièrons, ces petites ruelles qui sillonnent le village. Et c’est notamment dans la « Rue Longue » que le charme opère : façades Renaissance et fenêtres à meneaux vous entrainent sur les traces d’un riche passé commerçant. Au moyen-âge, l’artisanat était florissant et forgerons, charrons et sabotiers façonnaient leurs objets dans les caves ou rez-de-chaussée de ces maisons typiques.

D’ailleurs, encore aujourd’hui, sabotier, galochier, potier et même un producteur d’hydromel y sont installés et contribuent à dynamiser le village. Sans oublier le chef étoilé Renaud Darmanin qui accueille les visiteurs dans son superbe établissement « l’Auberge de la Tour ».

Avant de partir, je vous conseille d’entrer dans l’église Saint-Martin. De style gothique méridional, elle cache une statue reliquaire de Saint-Martin en bois datant du 14e siècle, et de nombreuses peintures, fresques et meubles de toute beauté.

Que faire autour de Marcolès

  • Randonnez sur Le Chemin des Chèvres (4 km) et Les Chênes Rouges (14 km)
  • Partez à la découverte des mégalithes de Faulat
  • Plongez dans les entrailles de la terre au Gouffre de Padirac (dans le Lot)
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Laroquebrou, un village en pente douce

Construit autour d’une ancienne forteresse du 13e siècle perchée sur sa butte, Laroquebrou – qui signifie « patelin autour d’une forteresse » – n’a de cesse de se refléter dans la Cère. Largement influencé par le Quercy et le Rouergue tout proche, les maisons en tuiles rouges, serrées les unes contre les autres, rappellent les origines commerçantes du village.

Car ici, potiers, tanneurs ou cordonniers installés le long du Negrerieu, le « Ruisseau Noir » qui tenait sa couleur sombre du travail du cuir, ont largement contribué à la renommée de ce village étape sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.

Depuis le vieux pont en pierre du 13e siècle, admirez la très haute statue de la vierge, tout de blanc vêtu. Cette réplique de Notre-Dame de Fourvière de Lyon est perchée sur un piton rocheux que vous pouvez gravir à pied. Tout comme le Château de Montal, dont il ne reste que 4 tours mais qui a été récemment rénové.

Et si vous passez par ici, allez voir l’ancienne « Maison des Poulettes ». Une maison qui, dit-on, servait à héberger les nombreuses maitresses des seigneurs des lieux.

Que faire autour de Laroquebrou

  • Danser sur des rythmes endiablés lors du plus grand Festival de boogie-woogie (en aout).
  • Plonger dans le plus grand lac artificiel d’Auvergne : le lac de St-Etienne-Cantalès (à 4,4 km).
  • Visiter l’exposition « L’Art au Château » du château de Laroquebrou (en juillet et Aout).
  • Participer à la Mangona, la fête des traditions gastronomiques autour du cochon.
  • Flâner lors du marché organisé sur la place du village (le vendredi).
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Montsalvy, le village de la Fin du Monde

Tout commence au 11e siècle, lorsque le moine Gausbert fonde une église, un hospice et un monastère dans un village qui, en devenant une Sauveté, en prendra le nom : Mons Salvatis, Mont de la sauveté, ou Mons Salvii, Mont du sauvé.

En pénétrant par l’une des deux portes d’entrée de cet ancien village de tisserands, vous tombez dans les ruelles bordées de maisons aux toits de lauze, aussi diverses que variées : à pans de bois, en pierre blanche, à tourelles (l’échauguette) ou plus classiques. Les placettes se succèdent pour arriver jusqu’à l’ancienne abbaye, dont vous pouvez encore visiter l’église, la salle capitulaire ou encore le réfectoire des moines.

L’ancien château, bâti sur les fondations d’anciens remparts, est transformé aujourd’hui en maison de retraite, par la volonté de ses anciens propriétaires, la famille Bonnefons-Delmas. Même s’il ne se visite pas, on peut toutefois admirer une ancienne tour du 15e siècle et se promener dans ses jardins.

Et enfin, trouvez l’impasse de la Fin du Monde. Oui, oui, elle existe vraiment !

Que faire autour de Montsalvy

  • Flânez entre les étals du marché de Montsalvy (le jeudi matin, place du Foirail)
  • Participez à la « Fête des paniers ». On y propose des stages de vannerie, un marché et des dégustations. Dernier samedi du mois de Juillet.
  • Courrez lors de La Ronde de la Châtaigneraie, une course pédestre en relais (en novembre).
  • Visitez Conques, l’un des plus beaux villages de France. Situé à 14 km.
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Et si je veux passer un week-end sympa sur place ?

Où séjourner :

  • L’Auberge de la Tour, un ancien relais de poste transformé en hôtel 4*. Le chef étoilé Renaud Darmanin y prépare une cuisine du terroir revisitée.
    Place de la Fontaine, 15220 Marcolès.
  • Les Gites de la Grange, situés dans une ancienne grange sur les bords de la Cère. Vous avez le choix entre Deux 3 pièces et un studio, plus un box pour un cheval.
    15150, Laroquebrou.
  • L’Auberge Fleurie, un hôtel confortable proposant 7 chambres personnalisées.
    2, avenue d’Aurillac, 15120 Montsalvy

Où manger :

  • L’Epicerie Le Roquet vous propose d’excellents produits locaux (saucisson sec, saucisses sèches, pounti, choux farcis), mais aussi leur spécialité : le fameux pâté le Roquet.
    15 Av. des Platanes, 15150 Laroquebrou
    Le petit + : installez-vous sur les bords de Cère ou dans le jardin de la Trémolière (situé sous la Mairie) pour les déguster.
  • L’Auberge de la Tour, à Marcolès (voir plus haut)
  • L’Auberge Fleurie à Montsalvy (voir plus haut)
  • Un peu plus loin, mais ça vaut vraiment le détour :
    Restaurant Le Garage, une superbe adresse, des spécialités locales dont la Truffade, dans un lieu atypique (un ancien garage familial). Aux fourneaux, une femme aussi volubile qu’atypique : Dominique. Réservation obligatoire. 2 route de Mauriac, 15400 Trizac.

A découvrir :

  • La Galoche du Cantal, unique fabricant de galoches anciennes au look résolument moderne.
    La Grange Suc 2 Faubourg Haut, 15220 Marcolès.
  • Apis Terrae, un excellent producteur d’hydromel à Marcolès. Mais pas que : vous y trouvez aussi de nombreux produits autour du miel confectionnés par Fabien. Recommandé par Gilles Pudlowski, Chroniqueur Gastronomique.
    15220 Marcolès.
© Michel Piedallu

Je veux bien y aller, mais c’est où le Cantal ?

A environ 1 heure de route, vous pouvez aller découvrir d’autres jolis villages, dont celui de Gourdon ou celui de Loubressac (dans le Lot) celui de Villeneuve d’Aveyron ou de Belcastel (en Aveyron).

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Informations complémentaires

Les « Petites Cités de Caractère » est une association créée en 1975 qui comprend plus de 200 communes atypiques au patrimoine remarquable souhaitant le valoriser et le préserver.
petitescitesdecaractere.com

Pour préparer votre séjour, faites un tour sur le site internet de l’Office du Tourisme de la Châtaigneraie Cantalienne ou sur celui de Auvergne Destination :

Pour tout savoir sur la culture de la châtaigne en Auvergne, faites un tour sur le site remarquable du gout (Mourjou) 

Le Tonton et le Birlou sont des boissons créés par Henri Monier, producteur de châtaignes et propriétaire des “Châtaignes du Veinazès“.

Les chats à Marcolès

Crédit photos pour Montsalvy : © Mairie, © Soissons et © OT Châtaigneraie.

Les beaux villages n’attendent que vous !

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