Ce que vous devez savoir avant de visiter la cité royale de Moret-sur-Loing

Cette semaine, je vous emmène visiter la charmante cité médiévale de Moret-sur-Loing, en Ile-de-France. Située en Seine-et-Marne, à deux pas de la ville royale de Fontainebleau, ce vieux bourg a connu une histoire très riche. Des rois de France à Nicolas Fouquet, cette cité a abrité de nombreuses figures de notre histoire. Et elle en garde encore des traces bien visibles dans son architecture. Découvrons ensemble cette très belle cité royale pleine de charme qui a attiré de nombreux peintres impressionnistes.

Moret-sur-Loing mérite qu’on la visite. Cette cité est absolument magnifique avec ses remparts, ses portes fortifiées, ses monuments classés et sa rivière enjambée par un imposant pont en pierre. Un endroit très agréable à découvrir mais où l’on peut aussi se poser au bord de l’eau.

Au grès des déambulations dans la vieille ville, on peut aussi voir de très belles façades renaissance, la Maison du Sucre d’Orge ou encore la maison d’Alfred Sisley, l’artiste impressionniste Morétain.

Classée parmi « Les 100 plus beaux détours de France », cette cité est sans conteste une destination de charme de l’Ile-de-France. Savez-vous qu’elle est la deuxième cité de Seine-et-Marne en nombre de monuments historiques ? Allez, je vous propose de découvrir plus en détails cet endroit qui va, j’en suis sure, beaucoup vous plaire.

SOMMAIRE
1. Un peu d'histoire
2. Une source d’inspiration pour Alfred Sisley
3. A voir à Moret-sur-Loing
4. La petite histoire des sucres d’orges de Moret-sur-Loing
5. La mystérieuse Mauresse de Moret
6. Et si je veux passer un week-end à Moret-sur-Loing

Mais c’est quoi cette histoire ?

L’origine de Moret-sur-Loing remonterait à l’époque gallo-romaine. Mais elle devient incontournable à partir du 11e siècle lorsqu’elle entre dans le domaine royal. C’est à cette époque que Philippe Auguste débute la construction des fortifications en pierre qui ceinturent la ville. Véritable sentinelle, Moret-sur-Loing avait pour but de protéger le Royaume de France des ambitions des puissants comtes de Champagne.

A l’époque, Moret-sur-Loing comprenait 1400m de fortifications, une vingtaine de tours et trois hautes portes d’entrées : la Porte de Bourgogne, la Porte de Paris et la Porte d’Orléans. Il ne reste plus aucune trace de cette dernière aujourd’hui. Mais aussi un château royal comprenant un Donjon.

Aux 12e et 13e siècles, la cité devient l’une des résidences des rois de France. Depuis Louis VI jusqu’à Henri IV, les dynasties des rois se sont succédées : les Capétiens, les Valois et les Bourbons. Ils séjournaient alors dans le Donjon qui était une résidence royale.

A la Renaissance, la cité perd son rôle de poste frontière, mais reste le siège d’un bailliage et une résidence encore un peu fréquentée par les rois malgré la concurrence de Fontainebleau. Parmi eux donc, Henri IV, qui venait voir sa maîtresse, Jacqueline de Bueil, qui résidait au donjon.

Plus tard, Moret-sur-Loing a été un endroit très prisé des impressionnistes, et notamment de Alfred Sisley, qui y a vécu de nombreuses années. Il y a peint plus de 450 œuvres, représentant la cité et ses alentours.

Une source d’inspiration pour Alfred Sisley

Le peintre impressionniste s’est installé à Moret-sur-Loing dans les 20 dernières années de sa vie. Né en 1839 à Paris de parents d’origine anglaise, Alfred Sisley s’initie à la pratique du dessin à l’âge de 23 ans et fait la connaissance de Renoir, Monet et Bazille. Ensemble, ils peignent les paysages de la forêt de Fontainebleau, comme Chailly-en-Bière, Barbizon, ou encore Bourron-Marlotte.

Il se marie en 1866 et emménage à Bougival, puis plus tard à Louveciennes, à côté de la famille Renoir. En 1872, il rencontre Paul Durand-Ruel, un marchand d’art fervent soutien du mouvement impressionniste, grâce à Claude Monet et Pissarro. Ce Durand-Ruel acheta près de 400 œuvres de Sisley pendant près de 25 ans.

En 1874, avec Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Edgar Degas et Berthe Morisot, il fonde la « Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs ». Il habitera pendant quelques années à Marly-le-Roi puis Sèvres avant d’emménager à Moret-sur-Loing en 1880.

L’artiste y a peint les maisons, les bords du Loing, et surtout l’église, qu’il immortalise à 14 reprises à des heures et à des saisons différentes. Il aimait en saisir les différentes luminosités.

Une fin de vie miséreuse et douloureuse

Mais Sisley ne connaît pas le succès rencontré par ses amis impressionnistes tels que Renoir, Monet ou Degas. Il ne vend que très peu de toiles lors des expositions organisées pour lui. Sa fin de vie est miséreuse et douloureuse. Sisley est très malade. Les habitants du bourg, par compassion, lui donnent de quoi subvenir à ses besoins.

Sa femme meurt en 1898 et il la suivra peu de temps après, meutri de douleur. Ils sont tous les deux enterrés dans le cimetière de la ville.

Ce n’est qu’après sa mort que les toiles d’Alfred Sisley commencent à se vendre et rencontrent un franc succès. Au total, Sisley a peint au cours de sa vie 960 huiles sur toile, 100 pastels et de nombreux autres dessins. Il était sensible aux changements des saisons et aimait peindre les paysages hivernaux et enneigés.

Sa maison appartient aujourd’hui à un propriétaire privé et ne peut pas se visiter. En revanche, vous pouvez la voir rue Montmartre.

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A voir à Moret-sur-Loing

Le Donjon

Le Donjon a été construit en 1160 sous le roi Louis VI. C’était une demeure royale dans lequel ont séjourné de nombreux rois comme Louis VI, Philippe Auguste, Saint Louis, Philippe IV le Bel. Sous le règne du roi Henry IV, le domaine est loué à son surintendant des finances, Sully, qui y entreprend de vastes travaux dont la création des jardins à la Française.

Le Donjon a connu plusieurs remaniements extérieurs. Mais les plus importants ont été effectués par la comtesse de Moret, Jacqueline de Bueil. C’était la maîtresse du roi Henri IV .

Sous le règne de Louis XIV, il est transformé en prison royale. C’est d’ailleurs içi que Nicolas Fouquet est enfermé sur ordre du roi par D’Artagnan. La dernière personne de sang royal ayant séjourné au Donjon a été Marie Lesczinka, la veille de son mariage avec Louis XV à Fontainebleau.

Le Donjon est incendié peu après la révolution, comme beaucoup de symboles royaux en France. Il tombe en ruine jusqu’en 1880, date à laquelle il est racheté par une famille qui entreprend de lourds travaux pour lui rendre son caractère original : un lieu d’habitation. Depuis, le Donjon appartient toujours à la même famille.

Les portes et les remparts

Comme je vous l’expliquait plus haut, Moret-sur-Loing était une cité à la frontière du royaume de France et de la Bourgogne. Au 12e siècle, le roi Philippe Auguste en fait une place forte et l’entoure de remparts, flanquée de portes.

Aujourd’hui, vous pouvez encore voir les impressionnantes portes de Paris et de Bourgogne qui marquent l’entrée et la sortie de la commune. Ces hautes tours carrées sont percées de deux arcs, entre lesquels coulissait la herse.

Moret sur Loing

L’Église Notre-Dame-de-la-Nativité

Sa construction a débuté sous le règne de Philippe Auguste et a duré près de deux siècles. Elle est considérée comme un édifice majeur de l’architecture gothique du nord de la Loire, est l’un des plus importants édifices religieux médiévaux de Seine-et-Marne.

Sa particularité est de posséder un orgue Renaissance qui compte parmi les plus anciens de France.

Les Moulins à Tan et Graciot

Le tan est une matière chimique naturelle qui était utilisé pour assouplir les peaux dans la tannerie. Il était obtenu en broyant de l’écorce de chêne provenant de la forêt de Fontainebleau. Quand vous visitez Moret-sur-Loing, vous pouvez encore voir les grands moulins qui datent du 15e siècle. Ils sont à côté de l’immense pont en pierre qui traverse le Loing et qui date du 12e siècle.

La Façade “François Ier

Juste derrière la mairie, vous pouvez découvrir la façade dite « François 1er » qui date de 1527. C’est un monument de style Renaissance qui a connu une histoire peu banale. On doit sa création à Nicolas Chabouillé qui y a inséré des motifs sculptés représentant des fleurs et des scènes tirées des travaux d’Hercule.

Au départ, elle était installée rue Grande. Mais elle a été achetée par un colonel de cavalerie qui pour la transporter sur Paris. Il voulait la placer sur l’hôtel particulier qu’il comptait offrir à sa maitresse, l’actrice Melle Mars. Mais ayant besoin d’argent, le colonel vendit son hôtel particulier et sa façade. L’hôtel particulier passa ainsi de main en main jusqu’à tomber dans l’escarcelle d’une société immobilière qui dû renvoyer la façade à Moret-sur-Loing en 1955. Elle est aujourd’hui installée dans la cour de l’hôtel de ville.

Le Prieuré de Pont-Loup

C’est la plus ancienne construction existante de Moret-sur-Loing. De l’ancien prieuré situé en dehors de la ville, il ne subsiste que l’église. Les bâtiments ont été en partie détruits au cours des guerres du 16e siècle. Et ce qu’il en reste est vendu comme bien communal en 1791. Au 19e siècle, l’église a servi de grange à écorce pour les moulins à tan. La ville la rachète en 1964 et la restaure. Aujourd’hui, l’ancien prieuré abrite des rencontres d’art contemporain.

Crédit : Radio France

La petite histoire des sucres d’orges de Moret-sur-Loing

Moret-sur-Loing est non seulement connu pour son patrimoine architectural mais aussi pour son patrimoine culinaire. C’est ici que des sœurs bénédictines ont créé en 1638 les fameux sucres d’orges.

Au départ, ils n’étaient considérés que comme un médicament qui soignait les maux de gorge. Mais ils étaient tellement bons que les demandes affluaient de partout et que sa renommée s’élargit au-delà de la ville.

On peut aujourd’hui visiter le Musée du Sucre d’Orge. Vous y apprenez l’histoire de cette confiserie, avec des boîtes d’époque, et même la reconstitution d’un atelier de fabrication.

« Sarah Bernhardt ne pouvait pas monter sur scène sans avoir croqué quelques berlingots de sucre d’orge. Et Napoléon en était très friand »

La mystérieuse Mauresse de Moret

Une personne à Moret-sur-Loing a longtemps suscité l’intérêt de ses compatriotes au 18e siècle. Une mauresse qui vivait dans le couvent des bénédictines et qui recevait la visite de la cour et du couple royal. Personne n’a jamais su son nom, elle se faisait appeler Sœur Louise Marie de Sainte-Thérèse.

Plusieurs hypothèses ont été avancée. La plus plausible serait qu’elle était la fille illégitime de Louis XIV et d’une femme de couleur. Voltaire écrit d’ailleurs après avoir rencontré cette religieuse en 1719 ceci : "On soupçonna, avec beaucoup de vraisemblance, une religieuse de l'abbaye de Moret d'être sa fille. Elle était extrêmement basanée, et d'ailleurs lui ressemblait. Le roi lui donna vingt mille écus de dot, en la plaçant dans ce couvent."

C'est Alexandre Bontemps ; premier valet de chambre, confident et homme de confiance du roi-soleil ; qui aurait emmené Louise-Marie Thérèse au couvent. Lors de ses vœux, les membres de la famille royale étaient présents et venaient ensuite la voir régulièrement. Il existe quelques portraits de cette femme. Dont un peint par un artiste dont la fille était également religieuse à Moret-sur-Loing.

Hazard ou pas, sur les armoiries de la ville figure une tête de mauresse aux yeux bandés.

Je veux bien aller à Moret-sur-Loing … mais c’est où ?

Et si je veux passer un week-end à Moret-sur-Loing ?

  • Le Donjon de Moret-sur-Loing est non seulement un lieu chargé d’histoire mais également une chambre d’hôtes. Séjourner au Donjon.
  • Et pour déjeuner sur place, Le Jardin des Lys reste un lieu incontournable de la ville.
  • Le site internet de l’office du tourisme de Moret-sur-Loing est également une source d’information pour préparer votre séjour.
  • Moret Seine & Loing vous propose 16 boucles de randonnée. Autant de bonnes raisons de partir à la découverte de ce territoire propice à la flânerie, ou à la marche sportive.
  • Pour les amateurs de vélo, une véloroute relie Moret-sur-Loing et Souppes sur Loing. Cette véloroute emprunte le chemin de halage du canal du Loing.
Crédit : Seine-et-MArne attractivité

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