Vallée de la Haute-Maurienne en Savoie, les lieux incontournables

Cette semaine, je vous emmène découvrir une vallée d’altitude située en Savoie. Une vallée qui se déploie le long de l’Arc, entre Modane tout en bas et Bonneval-sur-Arc tout en haut. Une vallée située aux portes du Parc National de la Vanoise qui possède encore le charme authentique des paysages savoyards. Il s’agit de la vallée de la Haute-Maurienne en Savoie. Un endroit riche de son patrimoine, de ses nombreux villages et hameaux, de ses montagnes qui veillent sur ses habitants. Ça vous tente ? Allez venez, je vous emmène !

Les jolis villages aux maisons en pierre

Il y a de nombreux villages et stations-villages dans la vallée de la Haute-Maurienne. Et plein de petits hameaux aussi. Ils jalonnent le tracé de l’Arc et datent des époques lointaines, bien avant que la Savoie ne devienne Française. L’architecture y est souvent typique, avec des maisons en pierre de taille et toits de lauzes. Certains sont très touristiques, d’autres moins. Et tant mieux. La tranquillité de certains endroits est magique.

Bonneval-sur-Arc

L’incontournable de la vallée de la Haute-Maurienne ! Vous ne pouvez pas passer dans la région sans visiter ou (peut-être) séjourner à Bonneval-sur-Arc. Le village est le seul village de Savoie classé parmi les « Plus Beaux Villages de France ». Et il défend bien son titre. Situé au pied du col de l’Iseran, Bonneval-sur-Arc offre un cadre authentique, pittoresque et surtout intemporel.

Ici, il suffit de lever les yeux pour découvrir un décor magnifique. Les maisons sont en pierre, avec des toits de lauzes et des charpentes en bois épais. Certains balcons comportent encore de vieux grébons qui sèchent au soleil. Il n’y a pas si longtemps encore, ces rectangles de bouses de vaches et de crottes de moutons servaient de combustible. Car ici, le bois servait à construire les charpentes, mais pas à bruler dans les cheminées. Et puisqu’on en parle, les cheminées se terminent souvent par une « marmotte », une pierre verticale qui ressemble à cet animal montagnard guettant le moindre bruit. Si, si…. Regardez bien, vous verrez cette particularité. Et même l’église est exceptionnelle avec sa flèche en pierre.

Plus haut dans le village, les ruelles serpentent entre les maisons au mur arrière arrondi. Cela servait à casser les coulées de neige qui pouvaient s’abattre sur les maisons. N’hésitez pas à prendre le temps de découvrir ce village entièrement classé aux monuments historiques.

Le hameau de l’Ecot

Prenez le temps de grimper jusqu’au hameau de l’Ecot. Il n’est situé qu’à 4 km de Bonneval-sur-Arc, dans les montagnes. On peut le rejoindre à pied l’été ou en raquettes l’hiver. C’est un endroit plein de charme, aux maisons en pierre et toits de lauzes, entièrement restauré et classé. C’est d’ailleurs ici (ainsi qu’à Bonneval-sur-Arc d’ailleurs) qu’ont été tournées des scènes des films Belle et Sébastien.

A ne pas louper, la chapelle Sainte-Marguerite, datant du 12e siècle et de style roman, qui semble veiller sur le hameau.

Hameau de l’Ecot ©AltiMag

Le hameau du Villaron

Ce petit hameau, de quelques maisons, est situé sur la commune de Bessans. On y va en voiture, mais il se visite à pied. Comme beaucoup de hameaux isolés, il ne revit pleinement qu’en été. Mais l’hiver, il garde un charme authentique avec ses jolies maisons typiques parfaitement ensoleillées.

Le hameau possède certaines maisons à louer, pour les amoureux de la nature et du calme. En été, le hameau est situé sur le Chemin du Petit Bonheur, une balade facile qui vous emmène jusqu’au village de Bonneval-sur-Arc. Il faut compter 2h30 à pied pour effectuer les 10 km.

Val Cenis Bramans

Val Cenis Bramans n’est pas un hameau touristique dans lequel on penserait s’arrêter. Et pourtant, il a un certain charme avec quelques vieilles maisons en pierre toutes tordues et des ruelles escarpées.

Ce que l’on sait moins, c’est que le village a rencontré plusieurs fois l’Histoire, avec notamment le passage des Alpes par Hannibal, ses éléphants et son armée, en 218 avant JC. D’ailleurs, la commune a créé un « parcours de découverte » et posé à l’entrée, une statue géante de ce personnage et de son éléphant. Mais Hannibal ne fut pas le seul à venir à Bramans, Charlemagne et Napoléon Bonaparte y vinrent aussi.

Le patrimoine religieux

L’église baroque Saint-Thomas Becket d’Avrieux

Si vous voulez voir une pure pépite, allez du côté d’Avrieux découvrir son église baroque. D’aspect extérieur très austère, l’intérieur est une pure merveille. Sa porte intérieure en bois sculptée et très colorée donne le ton. Mais lorsque vous entrez, les décors sont somptueux. Il ne reste pas un centimètre carrée non peint ou non décoré.

C’est d’ailleurs l’une des plus riches églises baroques de Maurienne. La pièce maîtresse est son retable du maître-autel. Sculpté et peint en 1670 par des artistes locaux, il est doré à la feuille d’or en 1680 par un artiste Flamand. Les colonnes torsadées, la profusion des dorures, l’abondance des ornements végétaux et des stucs révèlent une forte influence piémontaise.

Cela me rappelle un sanctuaire baroque situé dans une autre vallée, celle de la Tarentaise, Le Sancturaire Notre-Dame de la Vie, qui est de toute beauté et qui à une histoire très touchante.

L’église Notre-Dame de l’Assomption d’Aussois

Situé au cœur du village d’Aussois, l’église et son clocher à l’allure romane sont incontournables. Elle date de 1648 et possède des murs en pierre et des toits de lauzes. Si vous faites le tour de l’église, vous pouvez découvrir une immense croix de la Passion fixée à l’arrière. Lorsque vous pénétrez à l’intérieur, vous découvrez d’abord le vestibule orné de peintures murales représentant le Jugement Dernier. Puis, d’immenses retables richement décorés avec des fresques, des tableaux, des colonnes torses, typiques de l’art baroque savoyard.

Autre très belle découverte, la voute du chœur en forme de parapluie et ses superbes peintures. Et la « poutre de gloire » caractéristique de la spiritualité de l’époque, en bois doré, soutenant le Christ en croix accompagné de la Vierge et de Saint-Jean.

La Vierge noire de Charmaix

Connaissez-vous l’histoire de la Vierge noire de Valfréjus ? Elle se cache dans le sanctuaire de Charmaix, édifié un peu à l’écart dans la montagne. La chapelle est fermée mais on peut apercevoir la vierge noire depuis la grille.

Son histoire se perd dans les méandres du temps. Tout ce que l’on sait c’est que les Vierges noires étaient présentes en Savoie ou en Italie et que plusieurs hypothèses circulent quant à ses origines. Les premières mentions de la chapelle, elles, datent de 1401. Celles du culte de la vierge de Charmaix remontent au 12e siècle.

La chapelle est construite sur le chemin de pèlerinage qui relie 15 oratoires depuis Modane jusqu’au Charmaix. Le lieu était réputé pour ses miracles, surtout au moment des épidémies de pestes. A quelques mètres de la chapelle, près du grand pont de pierre, se trouve une petite fontaine. Les pélerins se lavaient les yeux avec cette eau de source pour se purifier et soigner les maladies.

Les fortifications de l’Esseillon

On ne peut pas venir dans la vallée de la Haute-Maurienne sans voir ses immenses fortifications. L’une d’entre elles surtout est énorme : le fort Victor-Emmanuel sur la commune d’Aussois. Ces forts ont été construits entre 1817 et 1834 sur le modèle Montalembert, qui contrairement au modèle Vauban, repose sur un principe de forts perpendiculaires et de tours à canons. Ils ont été construits à l’époque pour défendre le royaume de Piemont-Sardaigne contre les attaques françaises. Mais ils n’ont jamais servi car la Savoie est devenue française en 1860, soit 30 ans après la fin de leur construction.

Aujourd’hui, ils se visitent librement dans leur totalité ou au passage du sentier et trois de ces forts sont restaurés dont un (le fort Marie-Christine) sert de gîte, de restaurant et de salon de thé (attention, c’est fermé le mercredi !). Je vous conseille de visiter le fort Victor-Emmanuel car c’est le plus impressionnant. Autour des forts, vous pouvez aussi faire une Via Ferrata (l’une des plus grandes de France) et dévaler le long d’une tyrolienne géante au-dessus des gorges de l’Arc.

Les savoir-faire et artisans de la Haute-Maurienne

Les diableries de Bessans

Savez-vous que Bessans a un emblème. Et que c’est le diable en personne  ? Il a même sa statue sur la fontaine du village. Et un chapoteur qui en fait des statues en bois. Et ce chapoteur, c’est Georges. Il perpétue la tradition ancestrale des sculpteurs et peintres religieux et notamment de celle du diable. Car ici, dans les montagnes, les phénomènes dramatiques étaient forcément l’œuvre du diable. A Bessans, le diable est souvent représenté avec sa fourche et son gourdin. Parfois, il est aussi représenté en train de porter le curé sous son bras, pour montrer la domination du mal sur le bien. N’hésitez pas à aller découvrir ces statuettes diaboliques chez Georges, dans la boutique « au chapoteur », située près de la fameuse fontaine au diable de Bessans.

Le jambon cousu et le farci de Bessans

Matthieu officie à la charcuterie Le Pontet à Bessans. Il perpétue la tradition du Jambon Cousu et il est le seul ! Dans sa cuisine, il réalise cette préparation qui doit sécher pendant 1 an en cave avant d’être dégustée. Il y réalise également une autre spécialité, celle du farci de Bessans. Une préparation à base de chou, de viande et de féculent qui se frit à la poêle et qui est absolument délicieux.

Le Beaufort AOP

Bien sûr, je ne pouvais pas écrire un article sur la vallée de la Haute-Maurienne sans parler du Beaufort AOP. C’est un incontournable puisque nous sommes dans l’une des vallées qui le produit. Pour tout savoir sur le Beaufort AOP, je vous remets le lien vers l’un de mes précédents articles. Vous découvrirez tout sur le très bon fromage et surtout sur la manière dont il est produit, en alpages et dans la vallée. Fromage de Beaufort AOP, le parfum unique des montagnes savoyardes.

Il y a également d’autres fromages qui sont produits dans la vallée, et notamment le Bleu de Termignon. C’est un très bon fromage à pâte persillée que j’ai acheté dans une petite boutique du village. Comme certains Beaufort AOP, le Bleu de Termignon est fabriqué dans les alpages l’été avec le lait des mêmes vaches que celles qui produisent le Beaufort, les Tarines et les Abondances.

Les belleville

Des randonnées originales

Le sentier Land-Art d’Aussois

Avis aux amateurs d’art et de balade sportive. Eté comme hiver, le sentier Land-Art d’Aussois est ouvert ! Il suffit de chausser de bons après-skis ou parfois ses raquettes (si la neige est trop poudreuse) en hiver pour randonner sur ce chemin qui n’est pas très compliqué.

Le sentier Land-Art, c’est une escapade artistique en pleine nature, au milieu de la forêt du Monolithe, à la découverte d’une vingtaine de sculptures sur bois sur le thème de la famille. C’est ce qu’on appelle un itinéraire contemplatif. La balade est idéale pour passer quelques heures au calme et profiter des belles journées ensoleillées. Prévoyez environ 2h30 pour parcourir les 6,5km de sentier. Le parcours est disponible ici.

Et si cela vous tente, allez rencontrer l’artiste, Serge Couvert. Il a son atelier dans le village d’Aussois.

Le hameau de la Madeleine

Situé entre les villages de Bessans et de Val Cenis Lanslevillard , ce tout petit hameau composé de quelques maisons est habité à l’année par une seule famille. On le rejoint l’hiver à pied, par un tout petit chemin qui serpente sur quelques mètres. Prévoyez tout de même des raquettes s’il y a trop de neige.

L’été, en revanche, il est accessible par l’ancienne route qui traversait la vallée. Le hameau est le point de départ de nombreuses randonnées qui sillonnent le Parc National de la Vanoise. Notamment celle qui monte au refuge de Valonbrun. Si vous passez par là en été, regardez bien autour de vous, il est le refuge de nombreuses marmottes.

Les témoignages du passé montagnard de Haute-Maurienne

La maison du Patrimoine « L’Arche d’Oé » à Aussois

Et si c’était mieux avant ? La maison l’Arche d’Oé vous replonge dans un passé pas si lointain ou les familles paysannes passaient l’hiver avec leurs bêtes, calfeutrés dans une pièce unique en sous-sol. On y découvre le quotidien de la vie d’autrefois dans les montagnes. Ce qui est captivant, c’est que cette vie est racontée par des bénévoles qui ont vécu cette époque. Ils évoquent leurs souvenirs de jeunesse avec passion, et parfois même, avec regret. C’était une époque où les familles vivaient sous le même toit, ou les veillées permettaient de se raconter les histoires et les légendes, ou les enfants s’amusaient avec des jouets en bois.

Le musée archéologique de Val Cenis Sollières

Là encore, l’histoire est racontée par un passionné, Jean-François. Même si l’archéologie ne vous dit a priori rien, Jean-François sait la raconter à merveille. Il est incollable sur la vie des hommes dans la région. Grâce à pleins d’objets anciens retrouvés lors de fouilles, et à la qualité du discours, vous ne voyez pas passer le temps. C’est absolument passionnant. Et pour cause, Jean-François accueille de nombreuses écoles ou colonies de vacances et possède tout un attirail d’objets à faire toucher et manipuler. Une très belle découverte durant laquelle j’ai moi-même appris énormément de choses.

L’Erablo de l’office du tourisme de Bessans

A Bessans, allez faire un tour à l’Office de Tourisme. Hormis le fait qu’ils vous conseilleront sur les activités à faire dans le coin, ils sont situés dans une veille maison de village. En sous-sol, vous découvrez le mode d’habitat spécifique, l’Erablo, cette pièce unique dans laquelle les familles vivaient avec leurs bêtes pendant l’hiver.

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Et si je veux passer un week-end sympa sur place ?

Si vous souhaitez passer un week-end ou une semaine sur place, vous pouvez loger à l’hôtel Saint-Charles situé à Val-Cenis Lanslebourg. C’est un hôtel 4* avec un SPA situé au pied des pistes. Le personnel est aux petits soins et l’hôtel est très agréable.

Pour déjeuner, voici l’adresse d’un très bon restaurant, situé à Bessans. Il s’appelle « La Lodze » et c’est la cheffe Stéphanie qui opère en cuisine. Un vrai régal. Des plats du jour et des spécialités à découvrir. Et le tout, dans une charmante maison de village décorée comme un chalet. Une belle adresse !

J’ai testé également un autre restaurant, situé cette fois-ci, à Val-Cenis Termignon, l’Outa. Le lieu est également un hôtel. Le restaurant utilise les produits locaux et propose une carte qui se renouvelle constamment.

l’Outa Restaurant

Et enfin, si vous êtes sur Aussois, voici une autre belle adresse avec terrasse au soleil : “L’Etagne“. Un restaurant de spécialités savoyardes, ravioles et salades. Le tout dans une salle très joliment décorée.

Et pour terminer, toujours sur une note gustative, je vous recommande de vous arrêter “Chez Anouchka“. Elle possède une petite boutique à Val-Cenis Termignon et aussi sa propre fromagerie artisanale. Si vous aimez le tricot, elle crée également sa propre laine qu’elle vend dans sa boutique.

Je veux bien y aller, mais c’est où la vallée de la Haute-Maurienne ?

  • En Voiture : Depuis Chambéry, Autoroute A 43, sortie n°30, – Modane, puis D1006 direction Bonneval-sur-Arc.
  • En train : Gare de Modane (TGV Paris-Modane par liaison régulière en 4 h) puis liaison par bus. La gare routière est devant la gare SNCF – Horaires et réservations bus : www.altibus.com. Il faut par exemple 30 mn pour aller jusqu’à Val Cenis et 10 mn pour aller à Aussois.
  • En avion : aéroport Lyon St Exupéry et Chambéry

Les beaux villages n’attendent que vous !

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