Balade à Biot: le village des souffleurs de verre

Biot est un petit village situé sur la Côte d’Azur (06), entre Nice et Cannes, à quelques kilomètres du bord de mer. Ce petit bourg fortifié mélange avec beaucoup d’élégance le charme des vieilles pierres et la modernité de son artisanat. Labélisé « villes et métiers d’Art », Biot s’est ouvert au tourisme participatif et propose plusieurs ateliers ouverts aux curieux. Ruelles, placettes, portes fortifiées, voutes, restaurants, boutiques, le village offre un vaste choix d’activités à celles et ceux qui s’y promènent. Petite visite….

Biot, cité des potiers et des verriers

Au 18e siècle, Biot était très connu pour sa poterie. Près de 40 potiers habitaient dans le village et exportaient leur production dans tous les ports méditerranéens et même jusqu’aux Amériques et aux Indes. Biot était alors l’un des plus importants centres de fabrication de jarres à huile. 

Puis, la révolution industrielle est passée par là et a sonné le glas de la poterie à Biot. Le village se recentre sur l’agriculture, essentiellement la vigne et l’horticulture. Mais ces activités régressent vers 1960. 

Dans le même temps, l’art et l’artisanat d’art s’épanouissent. Fernand Léger, Raymond Peynet, Hans Hedberg et bien d’autres s’installent à Biot et contribuent à sa renommée. En 1956, Éloi Monod met au point la technique du verre bullé et crée la Verrerie de Biot. Biot devient alors la ville des métiers d’art. 

Depuis, le village rassemble une grande diversité de créateurs de talent. On y compte de nombreux céramistes, mosaïstes, verriers, joailliers, illustrateurs, maroquiniers, ferronniers d’art, peintres et fresquistes. 

Des noms de places ou de ruelles typiquement provençaux

Ce que j’aime particulièrement lorsque je visite un vieux village, c’est de lire les noms des rues. Et celles de Biot est un véritable voyage provençal. Voici quelques exemples avec leurs traductions.

On passe par la Calade (la descente), la place des Tines (la cuve), le Portugon (la porte), le Cul de sac, Lei Croûtons (rue voutée), la place de l’airette (petit aire), le Rondon (chemin de ronde), ou encore la rue du Barri (rempart), du Regouaro (de la dégringolade), des Soulières (chêne liège), du Jas (bergerie) ou des Vignasses (étendue de Vignes). 

C’est à chaque fois un véritable bond en arrière qui permet de découvrir le nom, l’activité ou encore la particularité de ceux qui y habitaient. 

Un peu d’histoire…

Le village perché de Biot, date de l’époque préhistorique. Il a ensuite appartenu aux Ligures avant que les romains n’en prennent possession en dominant toute la région pendant 5 siècles.

De l’ordre du Temple ..

Le village réapparait dans les écrits en 1209, lorsque le Comte de Provence (Alphonse II) qui possédait les droits sur le territoire de Biot en fait don « pour le salut de son âme et celle de ses parents » à l’ordre du Temple. A cette époque, Biot était un tout petit village qui ne comprenait que la Place des Arcades, l’église Sainte Marie-Madeleine et quelques maisons. Les Templiers obtiennent par donations les terres autour du village, unifiant ainsi le territoire de Biot. C’est ainsi que le village devint le siège d’une commanderie Templière jusqu’en 1308.

.. Aux chevaliers de Malte

Après que le roi de France Philippe Le Bel ait ordonné en 1307 l’arrestation de tous les chevaliers du Temple, le territoire de Biot est confié aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem (devenus en 1530 les chevaliers de Malte). C’est pour cela que la Croix de Malte est toujours visible à certains endroits (scellée dans une calade sur le parvis de l’église ou encore sur les cols des jarres). 

S’en suivent ensuite des années difficiles avec les guerres, les épidémies de peste, et les pillages. Biot a été laissé à l’abandon pendant 1 siècle avant que des familles originaires de la région d’Oneille en Italie ne s’y installent en 1470 et ne la reconstruisent. Le village devient prospère et vit alors sur le commerce des cultures, puis au 18esiècle sur celui de la poterie et enfin sur celui de la verrerie.  

Suivez le guide

L’office du tourisme a bien fait les choses. Pour ne rien manquer de Biot, il suffit de suivre un itinéraire historique en 24 étapes qui mène de places en places. On découvre ainsi la fameuse place des arcades, la place de la chapelle, la place de la catastrophe, la porte des Tines, celle des Migraniers…toutes ont leur histoire.  

La plus ancienne, celle des Arcades a été le siège des Templiers au 13e siècle, celle de la Chapelle a été occupée par les Pénitents Blancs au 16e siècle. La place de la Catastrophe, quant à elle porte bien son nom, car toutes les maisons se sont écroulées en 1898 faisant de nombreux morts.

A ne pas manquer à Biot

Église Sainte-Marie-Madeleine

L’église date du 12esiècle mais a été reconstruite au 15e siècle, en même temps que le village. Elle possède un retable « La Vierge au rosaire » attribué à Louis Bréa, le chef de file de l’école dite des « Primitifs Niçois ». Peint entre 1500 et 1510, ce retable représente une Vierge de Miséricorde ouvrant les pans de son manteau pour protéger l’humanité, principalement de la peste. Elle est classée Monument Historique.  Vous pouvez également retrouver une oeuvre des frères Bréa dans l’église Saint-Grégoire de Tourrettes-sur-Loup.

Hormis le retable, elle possède également deux particularités qui la rendent unique : la présence de deux portes et le fait que des marches descendent vers la nef au lieu d’y monter.

La place des Arcades

Au cœur même du village, la place des Arcades est le lieu incontournable de Biot d’un point de vue patrimonial. D’abord castrum romain, puis siège des Templiers, la place présente désormais l’aspect bien particulier de l’architecture ligure, qu’elle arbore depuis le repeuplement de Biot par les Italiens au XVe siècle.

La porte des Tines et celle des Migraniers

À la fin du Moyen-Âge, le village était fermé aux envahisseurs par trois portes, dont l’une a été détruite. Celle des Tines est encore visible et comprend encore des gonds qui permettaient au battant en bois de se fermer. 

Celle des Migraniers (nom provençal du grenadier, l’arbre fruitier) a été construite en 1566. On peut encore voir l’ancien chemin de ronde et deux tours. 

Je veux bien y aller, mais c’est où Biot?

Si vous souhaitez découvrir d’autres petits villages perchés de la Côte d’Azur, je vous recommande de lire mes articles sur Tourrettes-Sur-Loup, Peillon, Saint-Paul-de-Vence, Coaraze ou encore le Haut-de-Cagnes.

Les coulisses de ma visite

Je connais Biot pour y être allée plusieurs fois durant ma jeunesse. Comme tous les jeunes, j’y allais pour boire un verre ou manger au restaurant, mais je ne m’étais jamais baladée dans le village. Quelle erreur ! Le village est vraiment mignon avec toutes ces petites ruelles et ses maisons colorées. Attention toutefois aux ruelles qui montent et descendent beaucoup. Le village est bâti sur un pic donc s’y promener demande un peu de souffle. La place du village ou j’ai d’ailleurs déjeuner, est très agréable. Je me suis arrêtée au Mas des Orangers, un restaurant boutique qui propose une belle terrasse ensoleillée. C’était très agréable et je vous le recommande.

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